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Ubu vice-roi

dorénavant le père-Noël devient à l’UPMC le père fouettard

lundi 30 décembre 2013

Ubu vice-roi : cette année, et les suivantes, le père-Noël sera remplacé
à l’UPMC, non par Saint Nicolas, mais par le père fouettard, comme en témoigne
cette lettre du Vice-Président (recherche et) Innovation de l’UPMC, suivie
de la réponse d’un élu "Réinventer l’Université" du Conseil
Scientifique, et de l’épilogue.

Lettre du Vice-Président :

Madame, Monsieur,

Depuis plusieurs années, l’UPMC et ses partenaires ont opté pour un
système de signature multi-lignes donnant légitimement crédit à chacun
des établissements soutenant l’unité. Le respect de cette règle est
primordial pour le budget mais aussi la visibilité et donc
l’attractivité de l’Établissement auprès des étudiants, chercheurs et
enseignants-chercheurs, en France et à l’étranger.

Or, par méconnaissance, nombre de publications impliquant des membres
des unités de recherche dont l’UPMC est tutelle ne mentionnent pas
l’université, ce qui a un impact forcément négatif pour l’UPMC et, par
voie de conséquence, pour vos unités. Pour avoir été directeur d’unité,
je sais que votre charge de travail est lourde et que vous ne pouvez pas
vérifier les signatures de toutes les publications qui sortent de votre
laboratoire. Je vous demande cependant de rappeler les règles adoptées
par l’UPMC et ses partenaires à l’ensemble des chercheurs et
enseignants-chercheurs, et si ce n’est déjà le cas, de les inscrire dans
le règlement intérieur de votre unité.

Les signatures déterminant en partie la subvention pour charge de
service public de l’Université, elles seront dès 2014 prises en compte
dans le calcul de votre dotation. Nous serons également attentifs au bon
respect de cette règle lors du processus de révision des effectifs.

Comme il est matériellement impossible de vérifier toutes les
publications, nous effectuerons des contrôles aléatoires a posteriori.
Chaque année, les listes de publications de l’année précédente de
quelques unités de chaque pôle seront étudiées. Les erreurs d’adressage
constatées l’année n entraineront une baisse de la dotation de l’année n+1 :

* entre 10% et 15% d’erreurs, la dotation sera diminuée de 5% ;
* entre 15% et 30%, la diminution sera de 15% ;
* au-delà de 30%, le pourcentage d’erreur déterminera le pourcentage de
la baisse.

Je profite aussi de ce courrier pour vous informer que la règle de
signature de l’UPMC évolue et fait référence à son appartenance au PRES
Sorbonne Universités et vous rappeler l’attachement de l’université au
dépôt des publications dans HAL.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, mes salutations les plus cordiales.

Le Vice-président Recherche et innovation.

(en pièce jointe [qui vous sera épargnée] 3 pages d’exemples valant
explication)


Réponse d’un élu du Conseil Scientifique de Réinventer l’Université :

Monsieur le Président,
Monsieur le vice-président de l’innovation,

J’ai eu communication d’une lettre ressemblant à un poisson d’avril où
il est question de sanctions lorsque les publications ne correspondent
pas, à la virgule près, à des règles de signatures parfaitement abscons
où trois pages d’explications jointes sont nécessaires pour les
détailler ...

Ces sanctions sont quantifiées jusqu’au ridicule (de 10% à 15% d’erreurs
5% de pénalités, de 15% à 30% d’erreurs 15% de pénalités, ...).

Il est par ailleurs fait mention, in fine, de l’attachement de notre
université, à l’archivage HAL (cette fois-ci sans sanction).

Le caractère outrancier et provocateur de ce courrier donne une image
détestable de notre université.

Monsieur le Président, il ne fait pour moi aucun doute que vous ne
laisseriez pas passer de telles dispositions contraignantes et
inutilement provocatrices sans une discussion approfondie avec le
Conseil Scientifique ou sa nouvelle mouture la commission de la
recherche du Conseil académique, et sans leur aval sans ambiguïté aucune.

Que je sache, nous n’avons eu que des échanges très généraux sur
l’archivage HAL et rien de plus.

J’ai pu, Monsieur le Président, apprécier, en d’autres circonstances,
votre réticence à prendre des mesures punitives.
Vous conviendrez avec moi que de telles dispositions punitives sont,
dans le cas présent, d’une maladresse insigne. Si pour reprendre le
slogan de SLR, l’université n’est pas une entreprise, elle doit encore
moins être une caserne. Je ne doute pas une seule seconde que vous
saurez faire, au prochain Conseil, toute la lumière sur la vraie nature
de cette lettre à l’humour trop provocateur.

Très cordialement,

Signé : un élu du Conseil Scientifique de Réinventer l’Université.
PS : un contrôle aléatoire a posteriori sur deux articles de
laboratoires de l’UPMC

http://iopscience.iop.org/0295-5075/103/1/10009/article
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S138738061100474X

montre que certains laboratoires de l’UPMC ne mettent pas en avant leur
appartenance à l’UPMC préférant mettre en avant celle à l’ENS

Laboratoire Kastler Brossel, École Normale Supérieure, CNRS, Université
Pierre et Marie Curie - Paris 6 Case 74, 4, place Jussieu, 5252 Paris
CEDEX 05, France, EU

Réinventer l’Université ne souhaite pas de sanctions pour de tels
contrevenants.


Epilogue :

Suite à ce courriel la question des mesures punitives pour crime de
lapsus calami dans la signature multi-lignes de nos publications a été
posée à la fin du Conseil Scientifique du lundi 16 décembre. Le
président de l’UPMC, quoique un peu gêné, n’a pas désavoué les mesures
prises par son vice-président. Il a cru bon de les justifier, non par
l’ardente obligation du classement de Shanghai, mais par les critères
ministériels d’attribution des dotations aux universités. Il semblerait
en effet que les membres du cabinet de la Ministre, du fait de leurs
compétences surhumaines assurément, soient capables, eux, de vérifier
les signatures de toutes nos publications.
Le président a néanmoins refusé d’exposer les raisons pour lesquelles
des mesures, ayant un effet aussi radical sur les budgets de nos unités,
ont été prises sans que le CS se soit prononcé sur de telles
dispositions et leurs seuils. Comme nous nous déclarions choqués que le
CS soit, une fois de plus, considéré comme un simple élément décoratif,
le président a coupé court à toutes les interpellations en déclarant de
façon abrupte la séance close. La question ne sera donc plus posée.
Circulez il n’y a plus rien à voir sur ces questions ni, semble-t-il,
sur celle du respect, même formel, des Conseils de l’UPMC.