Accueil > Actions en cours, actualités... > Message des candidats Réinventer l’Université de l’UFR chimie

Message des candidats Réinventer l’Université de l’UFR chimie

dimanche 15 janvier 2012

Cher(e)s collègues,

Le 19 janvier vous êtes appelés à élire vos représentants aux trois conseils de l’université :

Conseil d’Administration (CA), Conseil Scientifique (CS), et Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire (CEVU).

Ces élections interviennent dans un contexte d’atomisation et d’appauvrissement du paysage de la recherche et de l’enseignement supérieur français après des années de réformes successives.

En 2007, la loi LRU a conduit à l’autonomie des universités avec des résultats déplorables puisque de nombreux établissements sont actuellement en déficit et ont été placés sous tutelle y compris l’UPMC contrairement à ce que prétend la présidence actuelle. En 2009, nous nous sommes mobilisés contre les réformes menées par V. Pécresse (LRU, décret sur la modulation du temps d’enseignement des E-C, mastérisation...). Certains de nos collègues de renommée mondiale avaient dénoncé les aspects dangereux de cette entreprise suicidaire.

Depuis, les réformes ont été mises en œuvre avec un zèle démesuré par la présidence de l’UPMC et ce en dépit des protestations de bon nombre d’entre nous. De nouvelles structures ont été créées selon une logique implacable et mortifère : Instituts, Collégium, LABEX, IDEX... Les pressions quotidiennes résultant des mutations récentes de notre système contraignent même les plus sceptiques d’entre nous à s’engager dans cette course aux financements (Cf. l’urgence avec laquelle les LABEX ont été déposés !). Nous nous disons : "Il faut que j’en fasse partie même si cela ne me plaît pas, car sinon d’autres iront à ma place (et en tireront les fruits, i.e. des crédits)". Est-ce une raison pour cautionner ces structures aberrantes ?

En ce moment, notre université s’engage tête baissée dans un projet d’IDEX (initiative "d’excellence" : "SUPER"). La première version a été rejetée en 2011. Une nouvelle version, tenue secrète, a été soumise, dont le résultat devrait être connu prochainement.

Qu’est ce que l’IDEX ? Quelles seraient les conséquences pour l’UPMC de ce projet "ambitieux et enthousiasmant" si l’on en croit J. Chambaz (résumé de l’IDEX 2, p. 1) ?

L’IDEX, qu’il soit accepté ou non, est adossé à un PRES (Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur) qui est la base du nouveau fonctionnement de l’UPMC. Dans le cadre de ce PRES, notre université est associée à l’université de Paris 4 (Sorbonne, Lettres) et à l’université de Paris 2 (Assas, Droit), au Muséum, et à quelques écoles et établissements spécialisés Cette grande structure "constituerait une université confédérale globale de niveau mondial au cœur de Paris" (projet IDEX 1, p. 8).

"Les projets LABEX formeront le cœur d’excellence de SUPER" (ibid, p. 10). En clair, ils délimiteront son périmètre. Si vous ne faites pas partie d’un de ces délicieux LABEX, dont la création tient plus de la course à l’échalote que de l’intérêt scientifique, vous serez automatiquement exclu du beau rêve, qui emportera les « heureux élus » vers le firmament de l’excellence mondiale. Mais il y aura beaucoup d’exclus du paradis (60 % des personnels de notre université). Il est à noter que pour tous ceux qui émargent dans les LABEX, seule une dotation réduite par rapport à la demande initiale a été versée à ce jour, ce pour un financement d’un an seulement, et que cela se solde par une nouvelle série d’appels à projets ne bénéficiant qu’à une part encore plus infime parmi les « heureux élus », l’attribution des financement étant, quant à elle, toujours plus opaque.

Puisque "50% du budget sera mobilisé dans le projet IDEX et que les crédits supplémentaires ne doivent bénéficier qu’aux initiatives d’excellence" (en fait de pactole, cela représente tout au plus 3,5% d’augmentation du budget global des trois universités). L’IDEX conduira inévitablement à l’appauvrissement du plus grand nombre. Comment les personnels non "IDEXisés" pourront-il maintenir un enseignement et une recherche de qualité en subissant une baisse considérable de leurs crédits ? Le projet ne le dit pas.

D’autre part le PRES/IDEX sera dirigé par un CA resserré dont aucun membre n’est élu directement par le personnel. Un sénat constitué sur les mêmes bases, n’a qu’un rôle consultatif. Sans aucun représentant élu par les personnels du PRES comment ceux-ci pourront-ils espérer peser sur les décisions prises dans cet établissement ?

Le PRES/IDEX risque également d’être "une machine à détruire du poste de fonctionnaire" dans la continuité de la politique menée par le gouvernement ces dernières années. Fondation de droit privé, elle ne pourra recruter que des personnels sur contrat de droit privé. Les postes des fonctionnaires mutualisés dans le cadre du PRES risquent donc progressivement d’être remplacés par des salariés recrutés en CDD ou en CDI de droit privé.

Non content de couper en deux notre université, l’IDEX met en concurrence des universités et des établissements de recherche parisiens ce qui conduit à couper certaines collaborations existant traditionnellement, tant au niveau enseignement qu’au niveau recherche, avec d’autres établissements réunis au sein d’autres IDEX (Paris 7, ESPCI, ENSCP, ENS...) et menace clairement le fonctionnement même de nos structures.

Réinventer l’Université présente une équipe dynamique, ambitieuse et proche du personnel, alliant jeunesse et expérience tout en représentant l’ensemble des disciplines. Nos candidats sont profondément attachés au service public de la recherche, de l’enseignement et de la santé, ils connaissent parfaitement les dossiers et sont déterminés à mettre leur énergie au service de la communauté pour en finir rapidement avec les réformes liberticides que la recherche publique s’est vue imposer ces dernières années. Notre équipe est prête à mettre en œuvre les vrais changements indispensables à la continuité du service public et au progrès scientifique et intellectuel, premières missions de l’université. En conséquence, voici quelques-uns de nos engagements :

- Décentraliser et mettre la collégialité au centre du dispositif de décisions : créer une assemblée académique d’élus et rendre leur pouvoir aux différents conseils d’élus (conseils centraux, CHS-CT, CT, conseils d’UFR…) tout en supprimant les instances non élues comme les directoires et en limitant les pouvoirs du président et des vice-présidents.

- Assurer aux laboratoires un financement pérenne de la recherche (crédits récurrents UPMC/EPST) indispensable à la liberté du chercheur et à l’innovation. Ceci afin de contrebalancer les effets délétères de la recherche sur projet qui conduit à l’appauvrissement du plus grand nombre

- Remodeler la formation avec pour objectif l’amélioration de la qualité de l’enseignement et le maintien d’une université ouverte à tous. Remettre en question le calendrier universitaire absurde et épuisant pour les enseignants et les étudiants qui résulte de la semestrialisation. Limiter l’émiettement des formations et l’augmentation du nombre de parcours qui rend incohérent la formation des étudiants, favorise les inégalités et complique le travail des BIATSS et des enseignants. Maintenir des droits d’inscription peu élevés qui permettent à tous d’accéder aux études.

- Lutter contre l’augmentation dramatique du nombre de contrats précaires dans notre université (BIATSS en CDD ou post-docs parfois "jetés comme des Kleenex" après des années de bons et loyaux services)

- Mettre fin à la politique de mise en concurrence/compétition qui divise les chercheurs aboutissant à une ambiance délétère dans les laboratoires : distribution plus juste et décente des primes.

- Abandon immédiat de la candidature à l’IDEX et désengagement du PRES qui sont une véritable confiscation de l’opinion du personnel puisque les directions ne seront désormais plus que le fruit d’élections indirectes ou de nominations….

Parmi les trois listes se présentant aux élections du 19 janvier, seuls les candidats de la liste "réinventer l’université" prônent explicitement une sortie du PRES et l’abandon de la candidature à l’IDEX.

L’ensemble de notre programme détaillé est accessible en ligne via http://www.reinventer-luniversite.fr et sera envoyé dans les prochains jours à tout le personnel par courrier. En attendant nous vous convions à une réunion publique le mardi 17 janvier en amphi B1 à partir de 12h30 avec la participation d’Alain Trautmann (DR CNRS), ancien porte parole de "Sauvons La Recherche"

L’université n’est pas une entreprise ! Ensemble défendons une université pour tous, une université du savoir, libre et humaniste. Le 19 janvier votez "Réinventez l’université".

Les candidats de la liste Réinventez l’université travaillant à l’UFR de chimie :

Sébastien Abramson, Maître de conférences (33), laboratoire PECSA

Vincent Dupuis, Maître de conférences (28), laboratoire PECSA,

Jamal Moussa, Maître de conférences (32), laboratoire IPCM,

Jean-Pierre Simonin, Directeur de Recherche (31), laboratoire PECSA.